samedi 14 octobre 2017

Dans les Livres (4) / Long John Silver


(tiré de la série «Long John Silver» écrite par Xavier Dorison et dessinée par Mathieu Lauffray)

Dans les livres (3) / La Douleur

« On sentait que la terre elle-même s'habituait à la guerre, à voir la richesse des récoltes qu'on n'arrivait pas à épuiser. Je ne connais pas d'époque plus riche que celle-là. Les chemins envahis par milles herbes pleines de fleurs ; l'assaut des grands platanes, qu'on ne taillait plus, sur les toits ; une nature écumante de verdures, déchaînée.
Peu à peu, les hommes qui étaient allé se battre mourraient sans bruit ; mais, parce qu'elles ne les voyaient pas gémir, tousser, saigner sur des lits, dans ces chambres d'été qui sentent à jamais le soufre dont on les enfume pour combattre les punaises, les mères et les femmes, avec de grands gestes de théâtre, disaient que « ce n'était pas possible », et voilà... la douleur, elle-même, n'avait plus de prise sur des cœurs que tant d'événements mystérieux avaient durcis.

Pourtant, un soir, on se rendit compter que le pays n'était pas si éloigné que ça du front – comme on disait. Ce fut le soir où arrivèrent les réfugiés. On les avait déposés – ils mouraient de fatigue – sur les banquettes du Café-de-France et les gens les choisissaient, sans rien dire, comme on choisit des animaux au marché. Ils avaient l'odeur de cette sueur acide qui couvre le visage pendant les longs voyages de nuit, et, ces tas de vêtements déchirés, minables, sans vie, que le canon avait chassés, regardaient avec des yeux fous les affiches d’apéritifs qui couvraient les murs du café. Quand ils disaient un mot, on devinait que leur langage était rude et peu clair.
Une vieille femme sale et répugnante, dont le souffle puait l'alcool, montrait, avec une certaine satisfaction, un bras rouge et sanguinolent, mutilé par un éclat d'obus. »

André de Richaud, La Douleur (1930) 


mercredi 4 octobre 2017

Le taulier (2) / Le droit d'asile pour les cons

Cette famille qui vient de se faire proposer une «aide au retour», elle aurait plus besoin de gilets pare-balle que de conseils sur comment se réinsérer socio-économiquement dans un pays ravagé par la corruption, les violences faites aux femmes et les conflits ethniques.
Les aides au retour, c'est un joli summum d'hypocrisie.
Monde de merde.